Pourquoi apprendre l'allemand : le blog

Un concentré de clichés

L'Allemagne des Français

Pauvre image !

L'ambassade de RFA a chargé l'IFOP de sonder les Français (1) sur l'image qu'ils ont de l'Allemagne et des Allemands. A première vue, le résultat est plutôt positif. Mais, avec un peu de recul, parler de douche froide serait plus approprié.

Spontanément, à quoi pensent les Français quand on dit "Allemagne" ? : Le sérieux, la discipline, la droiture, le travail, la force, la puissance industrielle, l'économie, les automobiles et la bière... RAS !

Mais, les non-dits ou le "peu-dit" sont plus parlants : 13 % ne trouvent rien à dire et le nombre de citations rapporté au nombre d'interviewés n'est que de 158 pour 100, signe du vide de l'image de l'Allemagne, mis à part les clichés habituels. Qui plus est, 20 des interviewés citent Angela Merkel, qui telle un arbre solide cache la noire forêt du "sérieux" et du "sévère" (22% cités en tête).

Pourtant, les Français jugent leur image de Allemagne assez bonne (63%), voire très bonne (19%). Du côté du négatif, c'est l'"agacement" et la "méfiance" qui dominent. Pas si étonnant pour un profil de "gendre idéal", probablement pas très fun, supposé à la fois moins convivial et moins arrogant que le Français. Côté qualité de la vie, ce n'est pas la joie : 27% pour l'Allemagne contre 50 % pour la France. La gastronomie (3% des citations) et le patrimoine culturel et historique (4%) sont inconnus au bataillon, un comble pour le deuxième étoilé européen au Michelin et un pays parsemé - malgré les destructions des guerres - de châteaux, abbayes, églises, villes d'histoire. Plus étonnant encore : le pays inventeur du "welfare" moderne est largement perçu comme moins protecteur(16 % contre 59% pour la France), même si son niveau de vie serait supérieur (57 % contre 14% pour la France) et la société moins inégalitaire (10% contre 60 % pour la France).

Les Français voient dans cette sérieuse Allemagne plutôt un partenaire qu'un ami (67% contre 24 %) et, dans cette relation, la "rivalité" (17%) et la "méfiance" (12%) ne sont pas loin de la "confiance" (19%) et la "solidarité" (18%). C'est pourquoi l'objectif du rapprochement des populations (13%) est jugé moins prioritaire que celui des entreprises et de la recherche. Cerise acide sur un gâteau amer : seuls 7% des Français jugent nécessaire de favoriser l'enseignement de l'allemand à l'école !

36% des interviewés n'ont jamais été en Allemagne et 24 % n’y sont allés qu'une fois... pas de quoi apprendre à connaître un voisin ! 62 % avaient suivi des cours d'allemand, mais 73% disent ne pas parler l'allemand... est-ce suffisant pour apprendre à écouter un voisin !

(1) Echantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus par la méthode des quotas.

Cet article a déjà été publié dans Rencontres Franco-Allemandes N° 212 (Le Bulletin trimestriel des EFA (Association "Echanges Franco-Allemands" / www.echanges-franco-allemands.org